En 2025, 16 % des TPE-PME françaises ont déclaré avoir été victimes d’un incident cyber. Ceux-ci sont souvent lourds de conséquences : une cyberattaque coûte en moyenne 466 000 euros à une PME française. Face à cette pression croissante, de plus en plus de dirigeants souscrivent une cyberassurance pour couvrir l’impact financier des actes cybercriminels.
Cependant, l’adoption d’une cyberassurance peut aussi donner aux PME un faux sentiment de sécurité.

Dans cet article, vous découvrirez :
- ce qu’est une cyberassurance et ce qu’elle couvre concrètement,
- le coût moyen d’une cyberassurance pour une PME,
- les critères à étudier pour bien la choisir,
- les limites de la cyberassurance,
- pourquoi l’assurance cyber ne suffit pas à protéger votre entreprise,
- en quoi l’audit de cybersécurité et la cyberassurance sont deux leviers complémentaires.
1. Comprendre le rôle d’une cyberassurance
1.1 Qu’est-ce qu’une cyberassurance ?
Une cyberassurance est un contrat destiné à couvrir les conséquences financières d’un incident informatique, notamment en cas de cyberattaque. Elle complète votre assurance responsabilité civile professionnelle classique, qui ne prend généralement pas en charge ce type de sinistre.
Concrètement, un contrat de cyberassurance couvre en général :
- Les frais de gestion de crise : experts en investigation numérique pour déterminer l’origine de l’incident (forensic), communication de crise, accompagnement juridique.
- La notification réglementaire aux personnes concernées en cas de violation de données personnelles, une obligation prévue par le RGPD.
- Les frais de restauration des systèmes et des données touchés.
- Les pertes d’exploitation liées à l’interruption d’activité pendant et après l’incident.
- La responsabilité civile envers des tiers (clients, partenaires…) si leurs données ou leur activité ont été impactées par une faille se situant dans l’un de vos systèmes.
1.2 Ce que la cyberassurance ne couvre pas
La majorité des contrats de cyberassurance excluent généralement :
- Les actes intentionnels du dirigeant ou d’un salarié. En cas d’acte malveillant d’un salarié sur le départ par exemple, votre entreprise ne sera sans doute pas indemnisée.
- La couverture d’incidents dus au non-respect des mesures de sécurité minimales annoncées lors de la souscription (absence de sauvegardes, de mises à jour, de mise en place de l’authentification renforcée…).
- Les incidents antérieurs à la souscription, même découverts après coup.
- Certaines amendes CNIL, selon les contrats.
Mais au-delà de ces exclusions contractuelles, il existe des conséquences qu’aucune police d’assurance ne peut réellement compenser.
La perte de confiance de vos clients après une fuite de données, l’atteinte à votre réputation commerciale ou le vol de propriété intellectuelle (plans, brevets, code source…) figurent parmi ces dommages souvent irréversibles.
La cyberassurance répare une partie du dommage économique direct, pas l’ensemble de l’impact réel sur votre activité.
1.3 Combien coûte une cyberassurance pour une PME ?
Le prix d’une cyberassurance dépend de plusieurs facteurs : votre chiffre d’affaires, votre secteur d’activité, ou encore votre niveau de maturité cyber déclaré et le plafond de garantie souhaité. Une PME de 10 à 250 salariés peut s’attendre à un budget annuel compris entre 1 000 et 15 000 euros, pour des plafonds de garantie allant généralement de 1 à 5 millions d’euros d’après les estimations de plusieurs courtiers spécialisés.
Le marché évolue favorablement pour les entreprises. Selon l’étude LUCY 2026 de l’AMRAE (Association pour le Management des Risques et des Assurances de l’Entreprise), le nombre de contrats de cyberassurance souscrits en France a bondi de 49 % entre 2024 et 2025. Cette démocratisation marque une concurrence accrue entre assureurs qui tire vers le bas les taux de prime.
Sur la même période, le montant total des sinistres indemnisés a augmenté de 53 %. Autrement dit, les contrats deviennent plus accessibles, mais les incidents coûtent de plus en plus cher à traiter, ce qui pourrait de nouveau faire monter les tarifs ou durcir les conditions de souscription.
Avant de vous couvrir, l’assureur soumet votre PME à un questionnaire technique portant sur vos pratiques de sécurité : sauvegardes, authentification, mises à jour, gestion des accès… Les résultats de ce questionnaire déterminent directement votre prime, le montant de votre franchise et parfois l’acceptation ou le refus de la couverture.
2. Comment choisir sa cyberassurance quand on dirige une PME ?
2.1 Les critères à considérer
Pour s’y retrouver dans la jungle des offres de cyberassurance, votre PME peut étudier plusieurs critères pour faire son choix.
- L’étendue réelle des garanties. Vérifiez que le contrat couvre bien les postes de dépense les plus probables pour votre activité : perte de chiffre d’affaires liée à une interruption d’activité, assistance à la gestion de crise… Certains contrats d’entrée de gamme se limitent à la restauration technique, sans couvrir l’accompagnement juridique ou la communication de crise.
- Le montant de la franchise et le plafond de garantie. Une franchise trop élevée par rapport à votre taille peut rendre le contrat inutile en cas de petit sinistre. À l’inverse, un plafond de garantie sous-dimensionné par rapport à votre chiffre d’affaires ne couvrira pas une interruption d’activité prolongée.
- La qualité de l’accompagnement en cas de sinistre. Un bon contrat inclut un réseau d’experts mobilisables rapidement (forensic, juridique, communication). C’est souvent ce délai de mobilisation qui détermine l’ampleur réelle des dégâts.
- L’expérience de l’assureur sur le risque cyber. Un acteur qui propose des contrats de cyberassurance depuis plusieurs années dispose généralement d’un large réseau de partenaires mobilisables en cas d’incident et d’une meilleure connaissance des sinistres complexes, ce qui accélère la prise en charge le jour où vous en avez besoin.
3. Les limites de la cyberassurance
La cyberassurance est un outil précieux pour rebondir financièrement après un incident, mais elle ne résout pas tous les problèmes pour autant. Voici les principales limites d’une cyberassurance :
- Elle intervient après coup : une cyberassurance ne renforce pas votre niveau de cybersécurité. Elle ne prévient pas les cybermenaces. Elle prend en charge les conséquences financières d’un incident déjà survenu, jamais sa cause.
- Elle ne résout pas l’incident, elle en finance la résolution dans un délai plus ou moins long : c’est une nuance importante. Souscrire à une cyberassurance ne signifie pas qu’une équipe interviendra instantanément pour rétablir vos systèmes. Le contrat déclenche une prise en charge financière, et parfois une mise en relation avec des prestataires partenaires.
Cependant, les délais de prise en charge dépendent de plusieurs étapes, à commencer par le timing de la déclaration du sinistre, mais aussi l’évaluation de la situation par l’assureur, puis la mobilisation des experts, et enfin la remédiation technique effective. Selon la gravité de l’attaque et la réactivité de l’assureur, ce délai peut s’étendre sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Pendant ce temps, votre activité reste à l’arrêt ou fortement dégradée. - Le risque de malus et de durcissement après sinistre : comme en assurance automobile, un premier sinistre peut entraîner une hausse de prime, une franchise plus élevée ou des conditions de renouvellement plus strictes.
- Une indemnisation conditionnée à la sincérité de vos déclarations : si les mesures de sécurité annoncées lors de la souscription n’étaient pas réellement en place au moment de l’incident, l’assureur peut refuser tout ou partie de l’indemnisation. C’est pourquoi bien connaître son propre niveau d’exposition, avant même de remplir un questionnaire d’assurance, devient un prérequis.
- Toutes les situations ne sont pas couvertes : les actes internes intentionnels, les incidents causés par une négligence avérée, les incidents antérieurs à la souscription ne sont pas pris en charge.
4. Cyberassurance et audit cyber : deux leviers complémentaires
Pour renforcer la cybersécurité de votre PME, vous pouvez miser sur la complémentarité de la cyberassurance et l’audit de cybersécurité.
Si la cyberassurance gère la conséquence financière d’un incident qui a déjà eu lieu, l’audit agit en amont. Son objectif est de cartographier votre surface d’exposition et d’identifier vos faiblesses avant qu’un attaquant ne le fasse à votre place. Cet état des lieux analyse par exemple vos services accessibles depuis Internet, vos éventuelles failles de configuration ou vos données déjà exposées lors de fuites passées. Il permet à votre PME ou à votre prestataire informatique d’entreprendre des actions correctives qui réduisent fortement votre niveau d’exposition aux menaces informatiques.
Cette démarche préventive facilite votre relation avec l’assureur : un dirigeant capable de démontrer une gestion active de son exposition et de présenter une cartographie de ses actifs, un plan d’action priorisé et un niveau de sécurité consolidé se trouve en meilleure position pour négocier ses conditions de couverture et pour justifier sa bonne foi en cas de sinistre.
Contrairement aux idées reçues, un audit de sécurité ne mobilise pas forcément une équipe informatique dédiée pour passer vos systèmes au crible. À partir de votre nom de domaine ou d’une adresse IP, une solution comme Sekost peut lancer un diagnostic automatisé à distance qui identifie les points faibles à corriger et restitue un rapport clair, sans jargon technique, avec des recommandations concrètes.
Conclusion
La cyberassurance est un dispositif indispensable pour développer votre cyber résilience et rebondir financièrement en cas d’incident informatique. Cependant, elle peut donner un faux sentiment de sécurité car elle ne protège pas votre entreprise contre l’attaque elle-même ni contre certains types de dommages. Elle ne se substitue donc pas à la mise en place de mesures de cybersécurité. Pour savoir où concentrer vos efforts de prévention, la première étape consiste à dresser un état des lieux clair de ce que votre entreprise expose aujourd’hui sur Internet.