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Comment sécuriser le DNS de votre PME ?

En 2025, les cyberattaques visant à rendre les sites web et services en ligne inaccessibles ont augmenté de 358 % selon une étude de Cloudflare. Très souvent, ces attaques ciblent l’infrastructure DNS, qui permet aux internautes d’accéder au site de votre entreprise et à vos collaborateurs d’utiliser leur boîte mail ou leurs outils métiers.

Pourtant, la protection du DNS est un sujet peu abordé dans le domaine de la cybersécurité. Beaucoup de PME ne configurent qu’une seule fois leur DNS, avant de l’oublier.

Le DNS manque souvent de protection et est vulnérable aux cyberattaques.

Dans cet article, vous découvrirez : 

  • ce qu’est le DNS et son importance pour votre activité,
  • pourquoi les cybercriminels ciblent le DNS,
  • les modes opératoires des attaquants qui visent le DNS,
  • les conséquences de ces attaques,
  • les erreurs de configuration qui exposent le DNS de votre entreprise,
  • les bonnes pratiques pour sécuriser votre DNS.

Le DNS, un annuaire de vos ressources numériques

Qu’est-ce qu’un DNS ?

Le DNS (Domain Name System) est un service qui traduit les noms de domaine lisibles par un humain, comme monentreprise.fr, en adresses IP. L’adresse IP aide le navigateur à localiser le serveur qui contient le contenu demandé et à l’afficher à l’internaute. Ce mécanisme, appelé résolution DNS, permet donc à votre navigateur de trouver le bon serveur lorsque vous tapez une adresse web.

Le DNS intervient dans presque toutes les communications numériques de votre entreprise : accès à votre site web, envoi et réception d’emails, connexion à vos outils métiers en ligne… Si le DNS est attaqué ou manipulé, vos services peuvent être affectés.

Pour accélérer la résolution des requêtes, les serveurs DNS conservent en mémoire les correspondances déjà traitées. On appelle cela le cache DNS. C’est une fonctionnalité utile, mais qui joue aussi un rôle central dans certaines formes d’attaques.

Un protocole conçu sans sécurité native

Le DNS a été conçu dans les années 1980. À cette époque, Internet était un réseau fermé, réservé à la recherche académique et militaire, où la confiance entre les participants était la norme. Il n’a donc jamais intégré de mécanisme permettant de vérifier l’authenticité des réponses qu’il transmet.

Lorsqu’un serveur DNS indique que monentreprise.fr correspond à telle adresse, rien dans le protocole de base ne permet donc de vérifier que cette réponse est vraie. Elle peut avoir été falsifiée en chemin, et votre navigateur, votre messagerie ou votre outil métier n’en sauront rien. Cette faiblesse structurelle, vieille de quarante ans, est aujourd’hui exploitée à grande échelle par les cybercriminels.

Le DNS, une cible stratégique pour les attaquants

Un niveau de menace croissant

Plus de 7,6 millions de nouveaux domaines malveillants ont été découverts entre août et novembre 2025, d’après le rapport DNS Threat Landscape 2025 publié par Infoblox et fondé sur l’analyse de plus de 70 milliards de requêtes… soit une hausse de 20 % par rapport à la période précédente.

Le rapport souligne par ailleurs la professionnalisation des attaquants, qui s’appuient désormais sur l’intelligence artificielle pour générer des domaines frauduleux à grande échelle et contourner les outils de détection traditionnels.

Les modes opératoires des cybercriminels

Il existe plusieurs façons pour les attaquants d’exploiter le DNS à des fins malveillantes :

  • Le DNS Cache Poisoning :

Imaginez que quelqu’un modifie l’annuaire téléphonique de votre ville à votre insu : en cherchant le numéro de votre banque, vous tombez sur celui d’un escroc. C’est le principe du DNS Cache Poisoning. L’attaquant injecte une fausse correspondance dans la mémoire du serveur DNS. L’utilisateur qui tape la bonne adresse est alors redirigé vers un site frauduleux. L’utilisateur peut saisir ses identifiants ou ses coordonnées bancaires, qui tombent directement entre les mains de l’attaquant.

  • Le détournement DNS : 

L’attaquant prend le contrôle de votre nom de domaine en accédant à l’espace de gestion de votre hébergeur. Il peut alors modifier l’adresse vers laquelle pointe votre domaine. Les clients qui cherchent à vous contacter ou à visiter votre site atterrissent alors sur un site ou un service frauduleux sans s’en rendre compte.

  • Le typosquatting et le combosquatting :

L’attaquant enregistre un nom de domaine visuellement proche du vôtre (par exemple mon-entreprse.fr) pour tromper vos clients, vos fournisseurs ou vos collaborateurs. Il s’en sert ensuite pour envoyer des emails qui semblent provenir de votre entreprise, ou pour créer un faux site à votre image. Un fournisseur qui reçoit une demande de virement depuis monentreprse.fr ne verra pas forcément la différence avec votre vrai domaine.

  • L’attaque DDoS :

En inondant d’un seul coup votre infrastructure DNS d’un très grand nombre de requêtes, l’attaquant la rend incapable de répondre. Résultat : votre site devient inaccessible, vos emails n’arrivent plus, vos outils métiers en ligne sont coupés. C’est ce type d’attaque qui explique la hausse de 358 % documentée par Cloudflare.

  • Le Subdomain Takeover :

Lorsqu’une entreprise change de prestataire ou désactive un service, elle oublie parfois de supprimer les entrées DNS correspondantes. Ces enregistrements pointent alors vers des ressources qui n’existent plus. Un attaquant qui les détecte peut s’approprier cet espace vacant et y installer une page frauduleuse à votre nom. Pour vos clients ou partenaires, cette adresse semble parfaitement légitime puisqu’elle fait partie de votre domaine.

  • Le DNS Tunneling :

Plus difficile à détecter, cette technique consiste à dissimuler des données malveillantes au cœur même de requêtes DNS d’apparence totalement normales. Les cybercriminels l’utilisent principalement comme un canal discret pour contourner les pare-feu de l’entreprise, afin d’exfiltrer des données sensibles à votre insu ou de transmettre des commandes à un logiciel malveillant déjà installé sur votre réseau.

Ces attaques sont souvent automatisées. Un simple scanner de vulnérabilités permet aux cybercriminels d’identifier les failles présentes dans le DNS des entreprises et de lancer automatiquement des attaques contre elles.

Quelles conséquences pour votre PME ?

Une attaque exploitant le DNS peut avoir des effets immédiats et durables sur votre activité. L’interruption de vos services est la première conséquence visible. Votre site web, votre messagerie et vos outils métiers dépendent tous d’une résolution DNS fonctionnelle. Une interruption peut vous empêcher de réaliser des ventes (notamment si votre site marchand est indisponible) ou d’échanger avec vos clients et partenaires. Il en résulte une perte de chiffre d’affaires.

Une autre conséquence moins visible est le vol d’identifiants. Un collaborateur redirigé vers un faux portail de connexion ne verra rien d’anormal si la page ressemble à celle qu’il connaît. Il saisit ses identifiants, et l’attaquant récupère un accès à votre système d’information. De la même façon, les cybercriminels peuvent mettre la main sur les coordonnées bancaires de vos clients et les exploiter dans des campagnes de fraude.

L’atteinte à votre réputation peut également être sévère. Un nom de domaine détourné peut servir à envoyer des emails frauduleux en votre nom, à vos clients ou à vos fournisseurs. Des demandes de virement envoyées sous votre identité peuvent causer des préjudices financiers à vos interlocuteurs et nuire durablement à la confiance qu’ils vous accordent.

Enfin, une fuite de données rendue possible par une manipulation DNS peut entraîner une obligation de notification à la CNIL au titre du RGPD, avec les risques juridiques qui en découlent.

DNS : les erreurs de configuration à éviter

La plupart des attaques ciblant le DNS sont permises par des erreurs de configuration ou des oublis de maintenance, que les attaquants savent repérer et exploiter.

La première erreur est l’absence d’activation de DNSSEC (Domain Name System Security Extensions). Sans cette extension, rien ne permet de vérifier qu’une réponse DNS est authentique. Celle-ci signe cryptographiquement les réponses DNS, afin de garantir leur authenticité. L’ANSSI recommande explicitement son activation dans son guide sur les bonnes pratiques d’acquisition et d’exploitation des noms de domaine

Une deuxième erreur fréquente est le transfert de zone DNS mal sécurisé. La zone DNS regroupe l’ensemble des enregistrements associés à votre nom de domaine : l’adresse de votre site, celle de votre messagerie, les services tiers connectés, etc. En temps normal, cette information ne devrait être accessible qu’aux serveurs autorisés. Mais lorsque le transfert de zone est mal configuré, n’importe qui peut en télécharger la liste complète et obtenir ainsi une cartographie détaillée de votre infrastructure numérique, utile pour préparer une attaque ciblée.

Un angle mort réside dans les enregistrements DNS orphelins. Il s’agit des entrées DNS qui pointent vers des ressources désactivées. Lorsqu’une entreprise change de prestataire ou ferme un service, elle oublie parfois de mettre à jour son DNS en conséquence. L’ancien enregistrement reste actif, mais pointe vers une adresse qui n’existe plus. Ces enregistrements abandonnés sont repérés par les attaquants et exploités pour des attaques de type Subdomain Takeover.

Une autre faiblesse courante concerne les serveurs de noms mal configurés. Les serveurs de noms sont les serveurs chargés de répondre aux requêtes concernant votre domaine. Lorsque l’un d’eux est mal configuré ou ne répond plus, votre domaine devient partiellement orphelin : certaines requêtes n’obtiennent pas de réponse fiable. Un attaquant qui détecte cette faille peut alors se glisser dans cette brèche et répondre à la place de votre serveur défaillant, en orientant vos visiteurs ou collaborateurs vers un site ou service frauduleux.

Enfin, l’oubli de renouvellement d’un nom de domaine expiré est une erreur aux conséquences souvent sous-estimées. Un domaine que vous avez utilisé par le passé peut être réenregistré par n’importe qui dès lors qu’il n’est plus renouvelé. Un attaquant peut alors s’en emparer pour usurper votre identité, exactement comme dans une attaque de Typosquatting.

Les bonnes pratiques pour sécuriser votre DNS

La sécurisation du DNS ne requiert pas de compétences techniques importantes. Elle nécessite simplement de poser les bonnes questions à votre prestataire informatique ou à votre hébergeur.

Le premier réflexe à adopter consiste à cartographier l’ensemble des vulnérabilités de votre DNS, en réalisant un diagnostic à distance. Des solutions comme Sekost identifient, à partir de votre nom de domaine, les enregistrements exposés, les incohérences de configuration et les points faibles de votre DNS.

Une autre mesure consiste à vérifier que DNSSEC est activé sur vos noms de domaine principaux. La plupart des hébergeurs et bureaux d’enregistrement proposent cette option, souvent en un clic. Combiner DNSSEC avec HTTPS renforce significativement la protection contre les redirections frauduleuses. DNSSEC certifie que l’aiguillage dans l’annuaire Internet est correct et sans falsification, alors que le protocole HTTPS chiffre la connexion et apporte la preuve finale à l’utilisateur qu’il navigue bien sur le site authentique.

Il convient également de sécuriser l’accès à l’interface de gestion de vos noms de domaine. Toute modification d’un enregistrement DNS doit être protégée par une authentification multifacteur. Un accès non sécurisé à votre hébergeur ou bureau d’enregistrement est une porte d’entrée facilement exploitable pour un attaquant qui souhaite procéder à un DNS Hijacking.

Une autre bonne pratique consiste à désactiver le transfert de zone public. Ce paramètre est à vérifier avec votre prestataire technique : il n’y a aucune raison que la cartographie complète de vos enregistrements DNS soit accessible depuis l’extérieur. 

Il convient également de faire l’inventaire de vos enregistrements DNS actifs et de supprimer ceux qui ne correspondent plus à un service réel pour éliminer ces portes d’entrée potentielles.

Enfin, il est conseillé de surveiller les dépôts de noms de domaine similaires au vôtre. Des services de veille peuvent vous alerter lorsqu’un domaine proche du vôtre est enregistré afin de prévenir le typosquatting.

Conclusion

Beaucoup de PME oublient de considérer le DNS dans leur stratégie de cybersécurité, car il fonctionne en toile de fond. Pourtant, vos activités en ligne dépendent pleinement du DNS. Rarement surveillé, il est devenu une cible facile pour les cybercriminels qui multiplient les attaques contre cette infrastructure pour perturber vos services, usurper votre identité ou dérober des données sensibles.

Heureusement, sécuriser votre DNS ne nécessite pas un budget conséquent ni une expertise technique pointue. Une simple cartographie de vos vulnérabilités existantes et un passage en revue avec votre prestataire informatique des points de vigilance discutés dans cet article vous permettront de réduire considérablement le niveau de risque.

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